Positions du SNGC  en 2007

 

L’objet de ce texte synthétique est de rendre compte des positions prises par le SNGC cette année, en réaction, en prévision ou en accompagnement à la mise en place des nombreuses modifications structurelles, politiques ou techniques actées ou à venir dans les domaines sanitaire et médico social.

 

Les positions prises par l’échelon national sont, par nature, le reflet d’une réflexion collégiale transversale et verticale sereine et épurée de nos inquiétudes, colères et autres réactions de mécontentement immédiates, que les autorités politiques et administratives ont le don de déclencher.

 

Le changement de gouvernement et de Président de l’Ordre National des Médecins a été l’occasion d’un tour de piste sur les sujets qui fâchent ou inquiètent, le premier constat étant qu’il n’y a plus de médecin gériatre conseiller technique officiel ni au cabinet de la ministre de la santé de la jeunesse et du sport  Roselyne BACHELOT ni à celui de la secrétaire d’Etat auprès du ministre du Travail, et des Relations sociales  en charge de la Solidarité.

 

Il faut donc faire passer notre discours, notre philosophie  et nos revendications dans 2 cabinets différents, dans 2 lieux éloignés

Il est impératif, pour que nous soyons productifs, de hiérarchiser les priorités, d’échelonner les échéances, de proposer sans faire fi des contextes économiques et sociaux, (traduisez les marges de manœuvres) et de s’imprégner d’esprit pédagogique.

Le SNGC n’étant plus affilié à aucune organisation intersyndicale, peut aller sans en référer à quiconque, droit au but dans le cadre d’un corporatisme de bon aloi, mais bien sûr ne pèse pas autant que nous le voudrions.

Ceci pose le problème de la ré-adhésion future à une grandes intersyndicale non pour y défendre les intérêts des PH (ce n’est pas l’objet du SNGC mais celui de l’intersyndicale choisie) mais pour accroître le poids de nos revendications spécifiquement gériatriques.

Nous sommes donc dans une phase de réflexion et avons auditionné différentes intersyndicales, mais sont elles prêtes à adopter nos positions concernant les intérêts de la gériatrie et des personnes âgées et surtout, et c’est beaucoup plus important, à les mettre en avant et  à en faire de priorités….. Sommes nous par ailleurs d’accord avec leurs positions concernant le fonctionnement et l’organisation hospitalière ?

 

 

1°Thèmes relevant du ministère de la santé :

Le conseiller technique référent le Dr NIZRI , (en charge du plan cancer et du dossier gériatrie qu’il a accepté de reprendre), nous a reçu longuement et nous  a écouté sur les différentes revendications hospitalières du SNGC.

Il nous a donné une indication intéressante sur le resserrement substantiel du nombre des membres du cabinet des ministres passés de 70 à 20, ce qui est bon pour nos impôts et mauvais pour notre représentativité, à moins que ce nombre ne soit réapparu à un autre niveau beaucoup plus haut de l’Etat…….

Positions sur : filière, pôle,TAA.

      Pas de filière gériatrique sans un service de gériatrie aigu.

Nombre de lits préconisés en France 10 000

Un SSR gériatrique formaté au double du court séjour gériatrique (et bien plus si on veut prendre les malades d’aval du court séjour des autres services de l’hopital)

 Une USLD sanitaire redéfinie convenablement dimensionnée pour permettre aux malades ayant besoin au long court d’une permanence infirmière, d’une permanence médicale et de la proximité d’un plateau technique, d’y accéder dans des délais d’attente raisonnable pour la fluidité du système

La réforme du long séjour : Dès 1997, le syndicat a milité pour une simple extension des SSR gériatriques gardant les malades nécessitant un plateau hospitalier technique et humain, au long cours, c’est à dire aussi longtemps que de besoin

 Le politique en a décidé autrement et nous avons accompagné bon gré mal gré la réforme des SLD, mais selon les régions et les départements, le processus de redéfinition des USLD prend des visages très différents.

 Des négociations sont parfois possibles, autour de 50% des lits actuels de SLD; parfois seul le chiffre de 30% est accepté ; ailleurs quasi imposé, reprenant juste le nombre de SMTI et M2 sans aucune projection démographique ni prise en compte de l’environnement.

 Un des objectifs que nous avons toujours défendu est une application intelligente de la circulaire du 10 mai 2007, avec une capacité maintenue dans le champ sanitaire qui soit le fruit d'une réflexion plus large que la seule application mathématique du nombre de patients classés SMTI et M2 (position restrictive de la DHOS en contradiction avec la présentation de départ de la réforme) devant tenir compte d'autres critères : évolution démographique, cohérence fonctionnelle des filières, maillage du territoire.

Devant cette cacophonie politique et technique qui touche la partition long séjour EHPAD, une harmonisation s’impose d’urgence.

LA TAA

Une TAA qui tienne compte des spécificités gériatriques : poly pathologie, perte d’autonomie, longue DMS. La profession n’a pas vocation à devenir le mauvais élève de la DMS, montrée du doigt par les autres services comme plombant le budget, ce qui serait à l’origine d’une forte tentation contre-productive, immorale et anti déontologique de transférer en aval, chez moins compétant ou plus pauvre que soi (SSR ou EHPAD) avant que les problèmes médico techniques (et sociaux) ne soient convenablement cernés.

Une question récurrente : Vaut-il mieux créer un pôle de gériatrie, avec regroupement des services dédiés, CS gériatrique/SSRgériatrique/SLD au risque d’être, selon les règles actuelles de la cotation de l’activité, structurellement financièrement déficitaire, ou se regrouper transversalement en pôle avec des spécialistes internistes mieux loties ?

 

L’exercice de la  gériatrie en ville

La spécialité de gériatrie existe officiellement depuis 2004, mais pas le tarif de Consultation Spécialisée  qui va avec.

 Malgré de nombreuses interventions auprès du ministre précédent et de l’assurance maladie, ce déni de droit n’est pas réglé et ce, sans explications. On peut penser que la volonté de ne pas  entrer en conflit avec la spécialité de médecine générale, le peu de collègues concernés ainsi que des économies de bout de chandelles, sont à l’origine du blocage. Quoi qu’il en soit, nous persistons dans notre volonté d’aboutir, c’est une question de principe, évoquée systématiquement avec chaque cabinet ministériel

 

La « convergence »  prévue par la loi entre les systèmes de financement des adultes jeunes « handicapés » et des vieux dits « dépendants » est et sera à l’origine de bien des tensions….. Économiques. Quels moyens, distribués par qui, à quel guichet, après quelles évaluations, faites avec quels outils ? Affaire à suivre, qui pour le moment, angoisse plus les représentants des jeunes que des vieux.

 

2° Thèmes relevant du secrétariat d’état aux solidarités :

Le contact ici est direct, avec Madame la ministre Valérie LETRAD, entourée par Monsieur le chef de cabinet JP LE DIVENAH et du conseiller technique Marc BOURQUIN.

Nous y défendons les points suivants :

Le statut des médecins coordonnateurs :

 Depuis l’origine, le temps consacré aux 12 et maintenant 14 missions avec la coupe PATHOS et la gestion des risques sanitaires, est tout bonnement indigent.

Rappelons que le syndicat milite de longue date  pour que les temps minimaux s’échelonnent de la façon suivante : Pas de structure à moins de 0,3 ETP, 1 ETP à partir de 100 lits entre les deux au prorata, au dessus en fonction des caractéristiques locales. Nous souhaitons également qu’une prime multisites puisse être versée aux médecins coordonnateurs, pour faciliter la mutualisation des recrutements via des formules de coopération.

 Les relations volontairement non organisées avec le monde libéral tournent parfois au cauchemar. Le nombre des démissions et le turn over des coordonnateurs sont des indicateurs forts de la désespérance de certains d’entre nous.

 Nous plaidons depuis le début pour la modification du  statut d’exercice de notre mission

Notre demande est l’exercice d’une mission de Service Public, la DASS et non plus le Conseil de l’Ordre devenant l’arbitre des problèmes (comme à l’hopital) entre les médecins traitants et les coordonnateurs.

Nous demandons que devienne effectif  le pouvoir conféré aux directeurs vis à vis des MG, en cas de non respect des règles de savoir vivre en EHPAD (Visites aux heures normales, relations effectives avec le personnel soignant salarié et le coordonnateur, tenue d’un dossier médical), de ne plus accepter le médecin généraliste récalcitrant concerné, dans son établissement.

Par ailleurs, nous souhaitons l’ajout d’une autre mission aux compétences du médecin coordonnateur : l’élaboration d’un dossier médical type et un suivi de la qualité de sa tenue. Cette nouvelle responsabilité permettra d’améliorer l’application des règles de bonne pratique, de connaître en cas d’urgence prise en charge par d’autres médecins, les pathologies dont souffre le malade et l’utilisation convenablement renseignée de l’outil budgétaire PATHOS.

Même s’il est à craindre que ces demandes légitimes, au demeurant relayées par toutes les fédérations du secteur, aient du mal à aboutir, l’expérience montre que l’évidence finit toujours par s’imposer.

 

Nous demandons également une homogénéisation en particulier sur certains points litigieux de la formation  des médecins des autorités de tarification et de contrôle à l’outil PATHOS et  également à un minimum de gériatrie pour que le bien fondé de nos  objectifs de soins soit bien pris en compte.

 PATHOS étant devenu un outil de tarification, le SNGC doit donc être très vigilant à ce que le ministère du budget voudra en faire, tout comme de la grille AGGIR dont l’évolution, le new AGGIR, rend mieux compte des préjudices résiduels aux handicaps non compensés.

A ce propos, ce ne sont pas les outils, dès lors qu’ils sont éprouvés et répondent au mieux à la question posée qu’il faut mettre en cause, mais ce que l’on en fait et la compétence de ceux qui s’en servent ! Il ne doit pas se rencontrer, par exemple, de médecin contrôleur sortant de son strict rôle de « valideur » technique d’un travail de coupe pour faire coller le PMP à un chiffre pré-établi, interférant ainsi sur la négociation directeur-représentants administratifs des autorités de tarification, tout comme de gériatres cotant de façon volontairement déraisonnable pour « optimiser » les résultats du PMP et faire plaisir à son Directeur..

En cas de litige d’évaluation PATHOS, c’est d’après un arrêté récent de la DGAS la commission départementale des litiges pour AGGIR  qui devrait statuer, mais malheureusement elle est composée uniquement de médecins de l’assurance maladie de la DASS  et du conseil général, elle est donc ainsi juge et partie, dans la mesure ou aucun gériatre n’est présent et de plus souvent  sans compétence gériatrique. Nous voulons que, à défaut de retrouver la formule régionale bien suffisante utilisée dans le cadre de la coupe long séjour de 2006 avec un gériatre référent et un médecin conseil référent, dans chaque département, un gériatre indépendant rompu à la pratique de PATHOS soit présent.

3° Thèmes relevant du conseil de l’ordre :

S’agissant des relations entre coordonnateur et médecins traitants, le nouveau président du conseil national de l’ordre des médecins n’a pas saisi la problématique, car il estimait que les MG devaient conserver dans leurs cabinets les dossiers de leurs malades et faire eux même l’évaluation PATHOS !!!!! Gageons qu’avec patience et pédagogie, nous parviendrons à nous faire comprendre.

La commission de validation des acquis :

Pour une période intermédiaire, il est toujours possible de valider l’expérience acquise en présentant à la commission de qualification ordinale nationale, un dossier convenablement rempli délivré par l’instance départementale.

Le décret qui met en place cette validation, stipule, dans son Article 3, que peuvent être qualifiés par cette voie, « ceux qui justifient d’un niveau de compétence identique à celui qui aurait été acquis par le cursus du DESC de type II ». Après deux ans de fonctionnement, la commission a examiné près de 700 dossiers : le pourcentage des avis favorables par rapport aux défavorables reste stable à plus de 86%. Vu le niveau des stocks, nous parviendrons au chiffre fatidique que nous souhaitions des 1000 validés.

Une mise au point nécessaire a eu lieu avec le Président de l’ordre et ses conseillers, à propos d’une incompréhension  du refus de qualification, par la commission d’appel, de certains médecins généralistes ou internistes qui s’étonnaient de notre refus et  a permis de rappeler ce qu’est la spécialité de gériatrie et les critères durs requis pour l’obtenir !

Cette rencontre tout a fait confraternelle a été l’occasion d’aborder d’autres sujets :

Le maintien de la capacité es qualité, diplôme de formation nationale permettant soit de devenir gériatre par la validation des acquis, soit d’être spécialiste dans une autre discipline, mais « compétent en gériatrie » avec option de devenir spécialiste en gériatrie compétent dans la première spécialité si le souhait en apparaît ultérieurement dans la suite de la carrière.

Le Président est dans la même ligne que son prédécesseur : organiser les passerelles au cours de la vie professionnelle. Pour le SNGC, le DESC2 ne permet pas d’alimenter la gériatrie « de base ». Le militantisme de l’ordre et le nôtre sont donc complémentaires et partagés.

Idem sur la question de la validation des médecins à diplôme étranger : il semble que notre spécialité soit choisie  comme porte d’entrée à la validation permettant d’exercer en France. Il semble que le ministère désire faire face  la pénurie de médecins en ouvrant les vannes. Il semble que la position technique de la commission qui juge sur pièce soit contestée par la DHOS et les organisations représentatives des médecins étrangers. Le syndicat dont la position a été de valider le plus honnêtement possible, n’a pas, a contrario, vocation à réparer les erreurs d’appréciation de la démographie médicale commises par nos gouvernants et s’en tient à une validation conforme au décret et à l’intérêt qualitatif de la gériatrie ;l’ordre est en parfait accord.