PROJET DE LOI PORTANT REFORME DE L’HOPITAL ET DES
DISPOSITIONS RELATIVES AUX PATIENTS, A LA SANTE ET AUX TERRITOIRES
( Il s'agit de la version provisoire (?)
du 2 septembre, avec 30 articles de loi. Ce texte n'est pas un texte définitif,
c'est un document toujours en chantier, préambules... )
Titre I (Ancien titre
III) MODERNISATION DES ETABLISSEMENTS DE SANTE
Le présent titre a pour objet de rénover
le fonctionnement des établissements de santé, pour leur permettre de répondre
aux nouveaux besoins de la population de leur territoire.
Plusieurs types d’établissements de santé
participent au service
public hospitalier, et tous ne remplissent pas l’ensemble des missions de
service public. Le titre commence par une définition de l’ensemble de ces
missions et précise les missions de service public auxquelles ils
peuvent adhérer, qu’ils soient publics, participants au service public
hospitalier ou privés. Ces missions seront précisées dans le contrat d’objectif
et de moyens passé entre l’établissement et l’agence régionale de santé.
Le statut des établissements publics de santé est profondément modernisé. La
rénovation de ses instances et de son mode de pilotage vise à responsabiliser
davantage le chef d’établissement et à lui donner les outils nécessaires à
une gestion dynamique. Un conseil de surveillance, recentré sur les
orientations stratégiques de l’établissement, remplace le conseil
d’administration. Le chef d’établissement, président du directoire, voit
ses pouvoirs renforcés pour mettre en oeuvre le projet médical de
l’établissement, en étroite concertation et dans le cadre d’un diagnostic
renouvelé avec le corps médical. Le renforcement du pilotage de l’hôpital
nécessite une clarification des lignes hiérarchiques : les chefs de pôles ont
la responsabilité pleine et entière de l’organisation interne du pôle, et
disposent pour cela de moyens de gestion adaptés. L’hôpital emploie près d’un
million de professionnels, dont 270 000 infirmiers et près de 100 000 médecins
en comptant les internes. Ces professionnels sont la vraie richesse de
l’hôpital. Leurs métiers ont évolué, ils évolueront encore plus dans les
prochaines années. Leurs conditions d’exercice doivent s’adapter aussi : la démarche
de contractualisation doit se décliner à l’intérieur des pôles avec chaque
praticien. Dans cet esprit, un contrat rénové de droit public pourra
être proposé aux praticiens hospitaliers. Les établissements pourront aussi
faire appel plus facilement aux praticiens libéraux. Les mesures proposées visent
également à simplifier les procédures, clarifier les responsabilités, fixer des
objectifs de qualité et de sécurité, pour impliquer l’ensemble du personnel
dans une démarche de qualité des soins. De nouvelles modalités de
coopérations entre les établissements sont créées. La communauté
hospitalière de territoire répond à la nécessaire gradation des soins en
permettant aux structures de s’unir dans une stratégie commune tout en gardant
leur indépendance fonctionnelle. Par leur structure modulaire, les communautés
hospitalières de territoire peuvent associer des établissements de santé
autonomes pour leur permettre d’atteindre la taille optimale en termes de
réponse aux besoins de la population de leur territoire. Les mesures proposées
visent à faciliter les relations entre les professionnels des différents
établissements, et avec ceux des secteurs libéral et médico-social.
La simplification de la constitution
des groupements de coopération sanitaire, et l’extension de leur champ de
compétences, faciliteront les coopérations avec le secteur privé et avec les
structures médico-sociales. La modernisation de l’enseignement et la recherche
s’inscrit dans la logique de qualité et de performance de l’hôpital. En
complément, les dispositions contractuelles et la création de fondations
permettront de consolider les équipes de recherches. Les conditions de
déroulement des recherches cliniques sont également clarifiées et structurées
pour répondre aux objectifs d’innovation et de sécurité des patients.
Chapitre 1er
Missions des établissements de santé
Les présentes dispositions visent à
permettre une meilleure adéquation entre les besoins de santé d'un territoire
et le cadre juridique relatif aux établissements. A ce titre, il convient en
premier lieu de redéfinir leurs missions et d’adapter le service public
hospitalier afin de s’assurer de la couverture territoriale la plus large en
étendant le champ des établissements
pouvant y participer, tout en
garantissant l’accès à l’ensemble de la population.
Chapitre 2 Statut et gouvernance des établissements
publics de santé
Il s'agit de supprimer les rigidités qui
rendent difficile la modernisation des établissements publics de santé. Il est
proposé de rénover leur statut, de clarifier leurs chaînes de responsabilité,
de simplifier, en rendant effectif le principe d'autonomie de gestion, leur
gouvernance, d'élargir le champ de recrutement des praticiens et des personnels
de direction, de simplifier la gestion administrative et financière, renforcer
les capacités de coopération, de permettre la création de communautés
hospitalières de territoire, et de donner
la possibilité de mieux gérer les
ressources médicales au sein d'un territoire.
Chapitre 3 :
Favoriser les coopérations entre établissements de santé
Les présentes dispositions visent à
améliorer les coopérations territoriales entre établissements et professionnels
de santé, selon deux modalités. Les communautés hospitalières de territoire, appelées à devenir la forme de droit
commun de coopérations entre établissements publics de santé, permettent à
plusieurs de ces établissements de mutualiser certaines fonctions support et
stratégiques, afin d’améliorer les complémentarités et la réactivité de l’offre
au niveau local. Ces communautés sont un outil gradué et souple, puisqu’elles
peuvent prendre plusieurs formes plus ou moins intégrées. Elles peuvent
également permettre de « filialiser » certains établissements, en accordant une
autonomie juridique limitée à certains de leurs éléments. Les communautés sont
également un outil utilisable par les directeurs d’agences régionales de santé
pour réorganiser l’offre de soins, puisqu’ils pourront
décider la création d’une communauté. Les
groupements de coopération sanitaire constituent le mode de coopération
privilégié entre établissements de santé publics et privés et permettent
également les coopérations avec les professionnels de santé libéraux ou
le secteur médico-social. Leur dispositif juridique est clarifié et leurs
possibilités d'intervention sont étendues. Les GCS portent ainsi des
coopérations de mise en commun de moyens (pharmacies à usage intérieur,
infrastructures techniques, équipements, système d'information, recherche,
activités logistiques ou techniques…) et des coopérations portant sur des
activités de soins autorisées. Dans cette seule hypothèse, ils sont qualifiés
d'établissements de santé.
Les motifs de recours à l’article L.
6122-15 du CSP (recodifié en L. 6131-1 à3), qui permet au directeur général
de l’ARS d’obliger des établissements publics de santé à coopérer, sont
modifiés, notamment afin de faciliter les restructurations visant à améliorer
la gestion des établissements et à permettre la création d’unions
interrégionales hospitalo universitaires. En effet, des GCS seront créés
entre les CHU au niveau inter régional. L’échelon interrégional donne une force
et une dynamique certaine en matière d’enseignement,
notamment lors du 3ème cycle. Toutes les
actions de coordination et de complémentarité méritent de s’inscrire dans ce
cadre. Les doublons doivent être évités. Il s’avère également indispensable de
disposer de structures fortes en matière de conseil, notamment en vue du dépôt
de brevets et de valorisation de la recherche. La visibilité de la recherche
sur le plan européen s’inscrit dans la même logique interrégionale. Enfin, la
disparition progressive des syndicats hospitaliers est rendue possible à
travers leur transformation optionnelle en communautés hospitalières de
territoire ou groupements de coopération sanitaire.