La psycho-gériatrie
La psycho-gériatrie est un
domaine très vaste, tant en ce qui concerne les pathologies que les profils de
patients. Les espaces de prises en charge au long cours doivent donc être
diversifiés.
Les malades psychiatriques
vieillis ne doivent pas être mélangés avec les déments.
Les psychotiques ne supportent absolument pas les déments et leur
tapent dessus !. Il y a des psychotiques vieillis parfaitement stabilisés,
calmes, qui vivent très bien dans des EHPAD ordinaires, à condition de
continuer à être suivis par le service de psychiatrie ou leur psychiatre
libéral habituel (c'est souvent le cas des schizophrènes dont le délire
s'estompe en vieillissant). En revanche certains, et notamment les
maniaco-dépressifs, ont tendance à devenir de plus en plus instables en
vieillissant et doivent bénéficier d'une stucture SLD psycho-gériatriques.
Il faut que ces unités soient dans la filière gériatrique et non
psychiatrique car ils ont, comme les autres malades de leur âge, 4 ou 5
pathologies associées.
En ce qui concerne les déments:
1/ Il y a 2 catégories sans
questionnement : les déments passifs, calmes, qui peuvent vivre en EHPAD
ordinaire avec ou sans unité Alzheimer ( là se pose le problème de la
qualité du projet de vie de l'établissement, mais ce n'est pas un problème
de structure en soi ) : ne pas oublier que les états démentiels peuvent
aller jusqu'à toucher de 60 à 75% des résidents des EHPAD ; l'autre catégorie, sont les déments
"structurellement" agités, agressifs, délirants, violents (souvent
des hommes) souffrant de démences frontales ou vasculaire et pas
d’alzheimer, qui ne peuvent absolument
pas être pris en charge dans un EHPAD, car il faut constamment adapter le
traitement, aider les équipes à comprendre ce qui se passe et souvent ce sont
des malades très évolutifs qui posent des problèmes neurologiques, ces malades
relèvent d’unités spécifiques « protégées » en SLD sanitaire.
2/ Entre ces deux catégories,
il y a tous les déments qui s'agitent périodiquement, sont calmes pendant un an
ou deux, puis s'agitent, puis redeviennent calmes voire végétatifs au bout d'un
an. Faut-il déplacer ces malades hors de leur EHPAD?
Le réseau Hopital-EHPAD (qui doit impérativement être formalisé), devrait permettre de répondre rapidement en consultation ou en hospitalisation aux situations aiguës ; si celles-ci se prolongent, on discute avec l'EHPAD, la famille du malade pour savoir si il peut retourner dans son EHPAD d’origine ou dans la négative si on le garde désormais en USLD. Le problème est que lorsque on a gardé le malade en USLD, s'il redevient calme, on ne le retransfert pas, ce qui finit par poser des problèmes de place.
Au total, il est
souhaitable que la filière gériatrique organise en son sein des Unités de
Psychogériatrie avec la collaboration de Psychiatres appétents :
-- SSR PsychoG (appelé « cognitivo-comportemental » dans le Plan Alz)
Pour gérer les situations de crise avec comportement perturbé -- la prise en soin des décompensations organiques éventuelles doit pouvoir y être assurée.
-- SLD PsychoG
Pour les malades déments qui restent durablement instables dans leur comportement difficile.
-- En EHPAD
L’existence de
petites Unités de vie pour déments très désorientés favorisent l’accompagnement
de ces malades et prévient les troubles du comportement.
Des reprécisions dans PATHOS du champ du P1 sont
nécessaires ;
Le P1 concerne les états de crise, mais également toutes les situations graves à rechutes avec des crises fréquentes, ces malades requièrent un niveau de soins psychiatriques et psychothérapiques individuels importants requis pour prendre en charge quotidiennement ces situations neuro-psychiatriques graves, qu’il s’agisses d’états d’agitations chez des malades déments ou non mais aussi d’états dépressifs ou anxieux ou psychotiques ;
Ces malades pourraient relever d’une hospitalisation en
psychiatrie aigue.
Compte tenu de la pénurie de
psychiatres et du peu d'attrait de ceux qui restent pour la gériatrie, il faut
dans les définiteurs du profil de soins P1 dire psychiatre ou gériatre formé
à la géronto-psychiatrie ,cela concerne également la formation des équipes
soignantes.
Quant aux déficients psychiques
il faut encourager les structures qui les prennent en charge depuis l'enfance à
s'organiser pour les accompagner jusqu'à la fin de leur vie, en
proposant des partenariats avec les gériatres les plus proches, mais ne pas les
désinsérer de structures ou ils vivent depuis des dizaines d’années.
P2 concerne des malades
perturbateurs pour la collectivité, ayant besoin de relationnel++, il ne s’agit
en aucun cas des simples déambulants qui entrent dans les chambres et fouillent
dans les tiroirs mais de malades ayant des troubles du comportement requiérant
que l’équipe se mobilise pour les prendre en charge individuellement.