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|
Conférence de presse conjointe
avec la Fédération Hospitalière de France 2avril 2009 [ |
Des
recommandations de bientraitance à la vie quotidienne des établissements….
DIX RECOMMANDATIONS PHARE
L’action soignante en
gériatrie a toujours été difficile, car sans moyen à la hauteur des enjeux par
méconnaissance ou par peur. Longtemps, le regard collectif porté sur la
vieillesse n’a retenu que « le vieux dément grabataire » ainsi
stigmatisé, isolé, et laissant à quelques uns la charge de s’en occuper.
Avec le patient devenu
usager/client ayant des droits, et l’émergence de la notion d’éthique, le regard
porté sur le très grand âge s’est modifié.
Si, indéniablement, de réels
progrès ont été accomplis dans le développement de la gériatrie ces dernières
années, les institutions médicosociales font toujours peur, restent sous dotées
en moyens et sont des lieux toujours vécus, y compris par la communauté
gériatrique elle-même, trop souvent comme des lieux de « bout de chaîne »
dans une confusion des missions entre substitut de domicile et lieu de prise en
charge des handicaps sévères, donc lieu de soins.
Les travaux ayant conduit
à l’élaboration du Plan solidarité grand âge (PSGA) ont pu faire croire qu’enfin
le « vieux » était aussi un citoyen qui devait recevoir des soins à
la hauteur de ses besoins.
Mais dans un temps où les
contraintes économiques et les enjeux éthiques sont forts, les soignants en gériatrie sont actuellement en
grande difficulté, stigmatisés par les médias, non soutenus par les autorités
de tutelle. Le PSGA est loin et la circulaire budgétaire concernant les
établissements médicosociaux qui vient d’être publiée nous fait craindre le
pire.
Les professionnels de la
gériatrie exercent dans un cadre législatif précis qui exige d’eux des devoirs
et qui est aussi censé soutenir leur action :
-Droit des usagers, Charte
des résidents,
-PSGA, Plan Alzheimer, Plan
bien vieillir, Plan maladies chroniques…
Les professionnels de la
gériatrie se sont inscrits dans les démarches évaluatives et de qualité qui permettent
une analyse des pratiques professionnelles et leur amélioration.
Ainsi la démarche
Angélique, et /ou la démarche d’accréditation ont été réalisées dans beaucoup
d’établissements, tous ceux ayant signé leur première convention tri partite
notamment.
De nombreuses recommandations
et protocoles de prise en charge ont été publiés et validés par la HAS, sous
l’impulsion de la Société Française de Gériatrie et Gérontologie (SFGG) qui a
joué son rôle.
Parmi ces recommandations
qui guident le travail dans les institutions médicosociales nous
pouvons retenir :
-
« Les bonnes
pratiques de soins en EHPAD » publiées en octobre 2007, conjointement par
la DGAS et SFFG
-
« Les
recommandations pour la prise en charge de la maladie d’Alzheimer et troubles
apparentés » publiées par l’ANESM en février 2009
Nos tutelles sont donc
parfaitement informées des exigences de qualité requise et, avec les signatures
des premières conventions, disposent d’une photographie exacte des moyens de
chaque établissement.
Les gériatres de terrain
savent, comme cela est inscrit dans les recommandations, que la personne âgée
malade est singulière, qu’elle présente des problèmes de santé complexes qui
nécessitent une approche pluridisciplinaire, et que ces besoins se déclinent
dans deux champs :
-Les besoins fondamentaux
minimaux
-
Se laver
-
S’habiller
-
S’alimenter
-
Se déplacer
-
Communiquer
-Les besoins de
compensation des handicaps liés aux maladies chroniques
-
Handicaps locomoteurs
(origine neurologique ,
orthopédique, rhumatologique)
-
Handicaps psychiques
(origine neuro dégénérative
ou psychiatrique)
-
Handicaps sensoriels
Ces trois domaines
recouvrent exactement les besoins fondamentaux.
Pour répondre à ces
besoins, il faut :
-Les identifier : démarche
en soins infirmiers, AGGIR et PATHOS
-Disposer de soignants
avec des compétences diversifiées : infirmière, aide -soignante, auxiliaire
médicopsychologique, kinésithérapeute, ergothérapeute, psychologue…) ayant tous
dû recevoir dans leur formation
initiale une connaissance de la gériatrie et ayant normalement tous bénéficié
d’une formation particulière, s’agissant de la prise en charge des maladies
neurodégéneratives (critère de validation nécessaire pour prétendre s’occuper
de personnes ayant des troubles psycho comportementaux…)
-Travailler conjointement
avec une équipe de direction qui permette un management efficace dans un
établissement architecturalement adapté.
LA REALITE DE TERRAIN
DIX RECOMMANDATIONS PHARE
Un exemple d’établissement:
- un EHPAD considéré comme
« bien doté »avec un ratio à 0.6
- un EHPAD « standard »
avec un ratio à 0.3
EHPAD : 220
résidents /GMP 820/PMP 250
Dans le cadre de la demande
de convention tripartite l’établissement a entrepris une démarche qualité avec
l’outil Angélique pour faire le point de ses forces et faiblesses.
L’étude de l’analyse des
résultats dans les champs qui concernent les besoins fondamentaux font
apparaître des points faibles particulièrement dans les domaines de l’alimentation,
la toilette, l’organisation des repas, la qualification insuffisante des soignants.
Pour étayer les demandes
d’augmentation de soignants à répartir pendant la durée de cette première
convention, les cadres de santé de l’établissement ont effectué une étude des
actions en soins infirmiers réalisés en lien avec les effectifs (extrait
ci-dessous)
|
ETUDE DES ACTIONS EN SOINS
INFIRMIERS REALISEES EN LIEN AVEC LES EFFECTIFS/RECOMMANDATIONS
DE BONNES PRATIQUES |
|||||
|
BESOINS DES RESIDENTS |
MINIMUM DE SOINS JUGES NON NEGOCIABLES PAR EQUIPE |
SOINS REALISES AVEC
RATIO 0.60 |
AJUSTEMENTS DES SOINS
EN EFFECTIF MINIMUM (vacances,RTT) (« MODE
DEGRADE ») |
||
|
SOINS D’HYGIENE |
1 bain tous les 15 jours 1 toilette par jour
adaptée au besoin du résident |
1 bain tous les 15 jours
donné Suivi de l’état cutané
et prévention des escarres Soins de nursing
journaliers Habillage et tenue de
jour, souci de l’image corporelle du résident |
Le bain n’est pas donné
tous les 15 jours (shampoing non fait, soins d’ongles et soins de bouches non
faits, entretien de la prothèse dentaire non régulier) Soins de nursing
succincts (soucis du détail peu pris en compte) Soins effectués avec
plus de rapidité dans les gestes |
||
|
RECOMMANDATIONS (extrait) |
La toilette -aborder la toilette comme un soin et
un temps privilégié pour la relation (se présenter, veiller à la température
de la pièce, de l’eau, ne pas commencer la toilette par le visage, procéder
avec douceur, etc.) ; -préserver l’autonomie fonctionnelle -prendre le temps permet à la fois de
ne pas faire à la place de la personne mais d’accompagner son geste tant que
cela reste -laisser à la personne des
possibilités de choix notamment de ses vêtements, des modalités (lavabo,
douche, toilette avec friction, etc.) et du moment de la toilette,
(y compris l’après-midi par exemple) ; hygiène :soins bucco dentaires
(concerne 2/3 des résidents ref :DGAS) Partie intégrante de la toilette Disposer d’un set de bouche avec
bâtonnets natures/glycérinés, gants , compresses Déroulement : -enlever les prothèses , les nettoyer -brosser chaque arcade dentaire
séparément dent par dent de la gencive vers la dent -nettoyer les muqueuses avec une
compresse et s’aider d’un abaisse
langue -remettre les prothèses propres Entretien des prothèses : -Brosser tous les jours avec une
brosse adaptée -Immerger le soir les prothèses dans
un produit désinfectant, les rincer -La nuit : laisser les prothèses
sur une compresse -Nettoyage aux ultra sons une fois
/semaine recommandé |
||||
|
ELIMINATION |
Maintien de la
continence |
Prise en charge adaptée
de l’incontinence Surveillance du transit |
Non installation
systématique aux toilettes (perte de la continence) |
||
|
RECOMMANDATIONS |
Continence porter une attention particulière à la prévention de l’incontinence
: proposer d’aller aux toilettes fréquemment, laisser les toilettes
accessibles, |
||||
|
ALIMENTATION |
Respect du temps entre
diner et petit déjeuner Respect du temps accordé
au repas des résidents |
Non réalisable
régulièrement en raison de l’effectif insuffisant Repas servis en salle à
manger le midi Soucis du confort
hôtelier Suivi par une
diététicienne Temps accordé au repas
du soir insuffisant |
Laps de temps trop long
entre diner et petit déjeuner Temps de repas diminué |
||
|
Résidents bien hydratés |
Apports hydriques par
boissons ou perfusions sous-cutanées |
Difficultés du suivi
hydrique |
|||
|
RECOMMANDATIONS (extrait) |
alimentation -Évaluer les capacités motrices afin
de les utiliser au mieux et de les maintenir : cuillère à dessert, assiette à
rebord, etc. Voir ce qui peut être réalisé ou non : couper, boire, mettre en
bouche. - Harmoniser l‘aide et rassurer en cas
de maladresse. -Proposer quelques gorgées d‘eau pour
faciliter la déglutition et pallier un manque de salive. - Stimuler la personne par la parole
et le toucher augmente la prise
alimentaire. La chaleur humaine, le sourire et les paroles aident à
tolérer la dépendance. - Laisser le temps d’avaler. |
||||
|
MOBILISATION |
Maintien de l’autonomie
– ne pas faire à la place du résident |
Simulation et maintien
des capacités physiques et gestuelles |
Gestes faits à la place
du résident (perte de l’autonomie) |
||
|
|
En fonction de l’état,
lever des résidents quotidiens et installation au fauteuil |
Lever des résidents Respect des capacités
physiques |
Lever des résidents
effectué un jour sur deux par alternance |
||
|
|
Respect du temps de
lever, du choix des vêtements et du temps de port des vêtements de jour Respect de l’heure du
coucher |
Respect autant que
possible du temps de lever, du choix des vêtements et du temps de port des
vêtements de jour Adaptation de l’heure du
coucher en fonction du rythme du résident |
Tenues de nuit et
coucher des résidents effectuées au plus tôt en fonction de l’effectif |
||
|
MAINTIEN DE
L’AUTONOMIE |
Maintien des capacités
de marche et transfert Matériel adapté au
handicap |
Accompagnement à la
marche dès que possible Matériel à disposition
utilisé |
Déplacements et
transferts avec gestes faits à la place du résident Matériel qui doit être
mieux adapté et manque d’ergothérapeute |
||
|
SECURITE (déplacement) |
Réponse automatique à la
demande du résident |
Réponse quasi-immédiate
à la demande du résident |
Temps de réponse à la
demande du résident ou de la famille allongé |
||
|
RECOMMANDATIONS (extrait) |
La liberté d’aller et venir -Il est recommandé d’encourager les personnes
à circuler, de stimuler leur envie de sortir afin
de maintenir le lien avec l’extérieur, -Les différentes options disponibles
pour la sécurisation (porte d’entrée dans une zone sombre, digicode ou tout autre
dispositif lié aux nouvelles technologies) font l’objet d’une discussion en équipe ainsi
qu’avec le conseil de la vie sociale. -La surveillance par bracelet
électronique doit être l’objet d’une discussion éthique -Cette solution doit pouvoir être
refusée notamment par la personne ellemême. Les mesures spécifiques personnalisées
limitant la circulation d’une personne restent exceptionnelles. Quand elles sont
envisagées, elles sont discutées en équipe, avec la personne et ses proches la déambulation • Prise en charge
psycho-comportementale - Analyse et discussion en équipe et
avec les proches, favorisant compréhension et
positionnement.; projet de soins (et de vie) individualisé. - Éviter de s’opposer au patient car
les situations de contrainte exacerbent les troubles. - Proposer une promenade ou une
activité faisant diversion. |
||||
|
SECURITE DES LOCAUX (hygiène) |
Entretien quotidien de
chambres, sanitaires et communs Entretien et petit
ménage une fois tous les 2 jours Entretien « à
fond » une fois par mois |
Non réalisable
régulièrement en raison de l’effectif insuffisant Non réalisable
régulièrement en raison de l’effectif insuffisant |
Non réalisation du
« petit ménage » Pas d’entretien « à
fond » : augmentation du risque d’infections nosocomiales Non réalisation des
vitres |
||
|
|
Entretien |
fréquence |
|
RECOMMANDATIONS |
ESPACES PRIVÉS - Chambre du résidentautonome. - Chambre du résident dépendant ou présentant un risque infectieux
(maladie infectieuse transmissible, porteur de bactéries multi-résistantes ou
immunodéprimé). - Salle de bains, WC de la chambre. ESPACES COLLECTIFS - Salle à manger. - Salles d'animations, de réunions, d’activités. - Hall d'accueil / couloirs / ascenseurs. - WC visiteurs / collectifs. - Bureaux / administration. ESPACES DE SOINS - Salle de soins. - Pharmacie. - Salle de rééducation. |
- À la demande et au minimum une fois par semaine. - Au minimum une fois par jour et plus si besoin. -Au
minimum une fois par jour. - Après chaque repas. - Tous les jours d’utilisation. - Tous les jours. Tous les
jours. - À la demande et au minimum une fois par semaine. Tous les
jours. - Une fois par semaine. - Tous les jours d'utilisation. |
|
ACCOMPAGNEMENT DE FIN
DE VIE |
|
Equipes très
sensibilisées et impliquées |
|
|
|
|
RECOMMANDATION (extrait) |
soins palliatifs …Avoir une démarche de soins personnalisée,
privilégiant le confort et la qualité de vie, quitte à modifier
l’organisation habituelle des soins Respecter les phases de sommeil du
résident Travailler en binôme infirmière /aide
soignante pour faire en même temps la toilette et les soins , évitant de
multiples mobilisations Respecter les goûts du résident Privilégier les repas fractionnés sur
la journée si les trois repas principaux sont rop copieux Analyser le sens d’un refus
alimentaire en éliminant une cause organique Evaluer systématiquement la douleur
même si la personne ne se plaint pas… Combien d’EHPAD bénéficie du passage
d’une équipe mobile de soins pallaitifs ? (loi LEONETTTI) |
|
|
||
,
EN
- Le SNGC constate que les professionnels de la gériatrie ont le sens des responsabilités et se sont emparés des outils dont ils disposaient pour identifier les besoins des personnes.
-
Le SNGC constate que
les professionnels n’ont pas les moyens de la mise en œuvre des actions Ratio
0.60 soit 1 aide soignant pour 10 résidents dans une unité de 39 lits demandées.
-
Le SNGC s’étonne
qu’aucune quantification de moyens ne soit fournie par ceux là même qui produisent
des recommandations.
-
Le SNGC se
demande :
Où sont les soignants
qualifiés ?
Où sont les moyens financiers d’assurer des formations de qualité ?
Où sont les moyens qui permettent de structurer des filières de
soins cohérentes, dans lesquelles les EHPAD ont toute leur place ?
Où sont les résultats de
l’analyse des démarches Angélique dont disposent la DGAS et l’ANESM ?....
Lorsque les besoins
fondamentaux ne sont pas satisfaits les
soignants sont confrontés à l’aggravation de pathologies préexistantes, au
retentissement sur l’autonomie personnelle et à la mise en insécurité,
provoquant ainsi une perte de chance qui n’est jamais mesurée.
Il est urgent d’en finir
avec ces injonctions paradoxales auxquelles les soignants sont en permanence
confrontées
Il est urgent de donner un
statut cohérent au médecin cordonnateur pour que celuici puisse assumer les
12 ! missions qui lui sont confiées
Il est urgent de reprendre
le contrat proposé par le PSGA
Le bureau du SNGC