Avec l'augmentation du nombre de
personnes âgées dépendantes, les dépenses d'APA vont doubler en trente ans.
La crise financière réduit les
recettes de l’Etat et creuse le déficit. Si bien que les priorités d’avant la crise s’en
trouvent quelque peu bousculées. La réforme de l'aide aux personnes
dépendantes, prévu mi-2008 puis début 2009, est repoussée maintenant à
l'automne. En réalité, elle pourrait ne pas voir le jour du tout. « Le
gouvernement veut faire quelque chose, mais il ne semble pas très pressé,
observe dans les Echos du 30 mars le sénateur UMP Alain Vasselle,
auteur d'un rapport sur le sujet.
Le projet de loi serait examiné au
mieux cet automne. Les syndicats CGT, FO et la CFDT, ont publié le 30 mars un communiqué
déclarant « le gouvernement semble limiter sa réforme à un simple
toilettage de l'allocation personnalisée d'autonomie (APA)",
regrettent-ils.
Tout le reste est flou, laissant même
craindre une réduction des financements publics. Le projet de Xavier Bertrand,
prédécesseur de Brice Hortefeux, de mettre en place un « cinquième risque » de
sécurité sociale qui aiderait à l'ouverture de places dans les maisons de
retraite, la réduction des sommes restant à la charge des personnes hébergées,
à la réforme de l'APA dans un sens plus favorables aux revenus moyens, à la
mise en place d’assurance dépendance collective dans les entreprises…etc, tout
ceci pourrait bien ne jamais voir le jour.
Les ressources publiques manquent
pour financer pareille réforme qui passe par la nécessité de créer 5.000 à 7.500 places
supplémentaires dans les maisons de retraite tous les ans. L’absence de plan
d’ensemble n’empêche pas déjà le doublement des dépenses d’APA d’ici trente
ans. Le gouvernement est d’autant moins encouragé à agir qu’il comptait
mobiliser les assurances privées. Soit directement, soit indirectement via les
cotisations sociales, les salariés auraient été encouragés à contracter une
assurance dépendance privée.
Désormais, la mauvaise image des
établissements financiers empêche de conférer au secteur assurantiel une place
importante. La généralisation du recours sur succession est également difficile
dans la mesure ou les Français voient fondre la valeur de leur patrimoine
immobilier et de leur épargne financière.
D’après l’ Analyse age village