PARIS (AFP) — Les sénateurs ont entériné mercredi le principe de
la création des Agences régionales de santé (ARS), clef de voûte du projet de
loi Bachelot de réforme de l'hôpital, actuellement examiné par la Haute
assemblée.
Ils n'ont
cependant qu'entamé l'examen de l'article qui définit dans le détail les
missions, compétences, périmètre et gouvernance de ces ARS.
Ces
établissements publics vont rassembler au niveau régional l'ensemble des
compétences de santé - Etat, assurance maladie, médecine libérale, dite de
ville et médico-social (personnes âgées et handicapées) - pour un pilotage plus
cohérent.
Elles vont
regrouper les compétences assurées actuellement par sept structures (dont les
Agences régionales de l'hospitalisation - ARH-, directions départementales et
régionales de l'actoin sanitaire et sociale -Ddass et Drass-, les caisses et
unions régionales d'assurance-maladie...)
Elles seront
dirigées par un directeur général nommé en Conseil des ministres et doté d'un
conseil de surveillance.
Pour la
ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, il s'agit de répondre "à un souci
de simplification et de territorialisation".
Les sénateurs
ont souhaité lever une "ambiguïté" et exigé que soit inscrit le fait
que les ARS déclinent bien les politiques nationales de santé au niveau
régional et non pas "définissent des politiques régionales" de santé.
Ils ont ainsi
adopté un amendement en ce sens du président centriste de la commission des
Affaires sociale, Nicolas About, avec l'avis favorable du gouvernement et les
voix socialistes.
L'opposition a
défendu en vain des amendements de suppression de cet article.
"Les ARS
ont pour objectif de contraindre la dépense publique dans les hôpitaux et le
secteur médico-social", a accusé Guy Fischer (PCF). "Votre projet
institue une hiérarchie rigide, il procède d'une conception jacobine, cela
risque de ne pas marcher, c'est beaucoup trop lourd", a renchéri
Jean-Pierre Chevènement (RDSE, radicaux). Yves Daudigny a fustigé une
"construction technocratique" où "les élus ne sont que des
figurants".
Les sénateurs
ont également ratifié, mardi soir, la création des communautés hospitalières de
territoire (CHT), nouvelle forme de coopération entre établissements publics au
niveau des territoires et autre innovation importante du projet.
Ils ont trouvé
un compromis avec le gouvernement et modifié le texte pour conforter le
caractère "volontaire" des partenariats et une "organisation
souple" afin que "tous les partenaires, et d'abord les élus,
retrouvent une marge d'initiative", selon le rapporteur UMP, Alain Milon.
L'examen du
projet de loi Hôpital, Patients, Santé, Territoire (HPST) a été prolongé
jusqu'au vendredi 29 mai. En une semaine de débat, les sénateurs n'ont réussi à
examiner que 432 amendements (98 ont été adoptés), il leur en reste 727. Ils
reprendront leur débat lundi à 15h00.
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