Report du plan Grand Age
Le Plan Grand Âge, l’éternel mirage de la gérontologie ?
Chers confrères, chers adhérents,
Nous attendions ce jour avec une résignation teintée d’un dernier espoir. Une nouvelle fois, le verdict est tombé : la présentation du Plan Grand Âge, prévue ce jour, est officiellement reportée.
Ce n’est malheureusement pas une première, mais c’est peut-être le report de trop. Pour nous, gériatres, qui œuvrons quotidiennement au chevet d’une population de plus en plus fragile, ce nouveau contretemps n’est pas qu’une simple péripétie administrative : c’est un signal de renoncement.
De la Loi au Plan : l’érosion de l’ambition
Souvenons-nous des promesses initiales. On nous annonçait une grande Loi de programmation, un texte fondateur capable de repenser structurellement la prise en charge de l’autonomie en France. Surtout, cette loi devait être assortie d’un financement à la hauteur des enjeux démographiques qui nous font face.
Puis, au fil des arbitrages, l’ambition s’est réduite :
La Loi est devenue un Plan, perdant au passage sa force contraignante.
Le Financement dédié s’est évaporé, laissant place à des redéploiements de budgets déjà exsangues.
Et aujourd’hui, même ce « plan a minima » est mis au placard.
L’Arlésienne de la République
Le Grand Âge est-il devenu notre Arlésienne ? Comme dans la nouvelle de Daudet, tout le monde en parle, les discours politiques s’en emparent à chaque tribune, mais personne ne le voit jamais se concrétiser.
Pendant que les calendriers glissent, la réalité du terrain, elle, ne connaît pas de pause :
L’épuisement des équipes en EHPAD et à domicile s’accentue.
L’attractivité de nos métiers est lourdement impactée par cette absence de vision à long terme.
Les patients et leurs familles restent dans une précarité de soins et de prise en charge financière inacceptable.
Notre mobilisation reste entière
La déception des gériatres est immense, mais notre colère est constructive. Le SNGC ne peut se résoudre à ce que le vieillissement de la population reste l’angle mort des politiques publiques. Nous ne demandons pas la charité, mais une stratégie de santé publique cohérente et financée.
Nous interpellerons à nouveau les pouvoirs publics dès les prochains jours pour obtenir des éclaircissements sur ce report et exiger un calendrier ferme. On ne peut pas soigner avec des promesses, encore moins lorsqu’elles ne sont pas tenues.
Dr Anne David-Bréard, Présidente du SNGC

